Témoignage de Tandarica – Lecteur Babelio

1 mai 2018

Tandarica

La qualité matérielle de cet ouvrage de 447 pages (24 x 18 cm) est indéniablement à saluer. Une abondante iconographie parfaitement placée et choisie, du papier glacé et même un marque-page en fil de soie intégré. Une mise en page aérée, avec des citations facilement repérables et pour lesquelles une bibliographie en fin d’ouvrage indique les références complètes. Cela me semble préférable aux notes de bas de page.
Cet essai est conçu comme une sorte d’encyclopédie de concepts religieux (la foi, le Mal, la mort, la souffrance, les plaisirs, le sexe) autour de la notion de bonheur personnel. L’auteur lui-même invite le lecteur à lire les chapitres dans l’ordre qu’il le souhaite.
Le texte est clairsemé d’évocations à la première personne, ce qui vient renforcer l’idée de prise de position de la part de l’essayiste : « Je ne reconnais pas davantage d’influence sociale positive à la conscience religieuse. […] Sur ce point, si je soutiens pleinement la liberté de culte, je dois dire que je suis plutôt pour la liberté de ne pas croire. » (p. 53)
Ce livre est donc une critique acerbe (l’auteur qualifie lui-même son livre de « texte de combat ») de l’emprise du fait religieux sur notre vie, l’ambition de cet ouvrage étant par ailleurs aussi de discerner la part de vérité et celle de la création littéraire dans des textes fondateurs. À ce propos, le livre semble aux antipodes de celui de David Berlinski, Dieu n’est pas mort, bien qu’écrit dans un style assez proche. « La principale question de ce livre est la suivante : en quoi est-il raisonnable de croire ? », déclare l’auteur d’Illusions dangereuses.
Plus que philosophique, l’essai se revendique de culture générale et en effet, Charles Beaudelaire est souvent cité au chapitre de la mort, alors que tant d’autres écrivains sont pris pour « témoins » : Milan Kundera, Albert Camus, William Blake, Elie Wiesel, Nasr Eddin Hodja, Mircea Eliadeet Friedrich Nietzsche, en plus d’un Moïse Maïmonide ou d’un Thomas d’Aquin.
Une motivation particulière, avouée par l’auteur, justifie, à mon sens, la présence d’un huitième chapitre intitulé « La croisade contre l’onanisme » en plus du sixième « Le sexe est le pire ennemi de Dieu » : « la Fondation Espoir, que j’ai créée et placée sous l’égide de l’Unicef, lutte contre les mutilations génitales féminines dans la région d’Afar et de Somali d’Éthiopie avec beaucoup de succès. » (p. 7)
On peut ne pas adhérer à l’ensemble des prises de position de l’auteur, mais il n’en demeure pas moins que cela reste un livre d’érudit.
Je remercie les éditions Hermann et Babelio pour cet envoi dans le cadre de l’opération Masse Critique.

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